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A.Bauer se prend pour Super-Dupont


Valérie Pécresse va enfin laisser une trace indélébile dans l’Histoire de France, elle y figurera à jamais comme celle qui a signé officiellement la nomination d’Alain Bauer en tant que personnalité qualifiée, au conseil d’administration du nouveau groupement d’intérêt public : le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS)

Non vous ne rêvez pas ! c’est le même Alain Bauer

Vice-président de l’université Paris I à 19 ans, conseiller du Premier ministre Michel Rocard à 26 ans, en 1993 après avoir été le conseiller du sulfureux promoteur immobilier Christian Pellerin, le voilà déjà N°2 de la SAIC / NSA (une vitrine des services secrets américains) en Europe. En 1994, il crée sa propre société privée de conseil en sécurité « AB associates«  dont il choisit comme secrétaire, jusqu’en 1997, Nathalie Soulié (la compagne de Manuel Valls ). Dans le capital de cette société on retrouve la SOCADIF (société d’investissement de l’ex-journaliste d’extrême droite Patrick Grumelart). Le nom de Bauer revient (M.Valls aussi) dans « l’affaire de la MNEF » dont il est l’un des administrateurs sous Mitterand (M.Valls aussi). Sous Chirac il devient grand maître du Grand Orient de France jusqu’à sa démission en 2005. En bon commerçant il s’insinue alors en tant qu’expert en « criminologie » tout comme son comparse Xavier Rauffer (de son vrai nom Christian de Bongain, un militant d’extrême droite, co-fondateur des groupuscules « Occident chrétien » et « Ordre nouveau ») avec qui il rédige quelques ouvrages terrorisant d’alarmisme (le « Que sais -je » sur les violences urbaines ou  » Le nouveau chaos mondial »), ils enseignent tous deux en Chine, à l’École supérieure de police criminelle et au Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Pour Laurent Mucchielli, sociologue :

 » A.Bauer suit toujours le vent du moment. Il a adopté un discours catastrophiste au moment où c’est devenu à la mode, à la fin des années 1990. »

Le « criminologue » se voit décerner le prix Orwell des Big Brother Awards France en 2003 pour avoir alimenté un discours biaisé sur les causes de « l’insécurité » et pour avoir fait la promotion grâce à sa société privée, des « moyens » de la combattre en promulguant conseils et recommandations. Nommé président de l’Observatoire national de la délinquance (OND): Bauer jongle avec les chiffres de l’insécurité. Dès juillet 2004, il révèle au patron de l »UMP que son nom figurait sur les fameux listings Clearstream. En août 2007, il enrichit d’une contribution spéciale la publication de la police de New York (NYPD) sur « La Radicalisation en Occident : la menace qui grandit parmi nous ». En novembre 2007, Sarkozy qui l’emploie déjà comme conseiller, lui confie avec Bernard Squarcini (à l’époque directeur de la DST ), la mission d’assurer la protection et… d’encadrer Rachida Dati, fragilisée par la sortie du livre « La tricheuse » qui devait révéler qu’elle n’a jamais décroché le diplôme d’HEC. C’est encore lui qui recommande le maintien du fichage ethnique en 2008 (M.Valls aussi) lors du dépoussiérage des fichiers de police.

Fort de croire qu’il a plus d’influence qu’un sous-secrétaire d’Etat, déjà conseiller officieux de la nouvelle Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) en matière de lutte anti-terroriste, Bauer, grâce au « décèlement précoce » (un pouvoir de pré-cognition de piètre qualité qu’il croit posséder), désigne en 2007 et 2008 une nouvelle menace intérieure: « les terroristes d’ultragauche », en faisant personnellement parvenir à plusieurs responsables de la sécurité intérieur des exemplaires de « L’insurrection qui vient »(Ed la fabrique), agrémentés de ses notes sur la résurgence d’une soit-disant nébuleuse mouvance qu’il compare volontairement à la RAF ou à Action Directe, susceptible de pouvoir devenir « violente » et qui pourrait être incarnée par d’hypothétiques auteurs ou lecteurs de cet ouvrage. Bauer, dont la société de conseil en sécurité accumule désormais les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises, se flatte même d’avoir attiré l’attention d’Alliot-Marie sur Julien Coupat, fournissant ainsi un ennemi qui justifie la création de la nouvelle structure du renseignement intérieur (DCRI), tout en cherchant à criminaliser toute dissidence sociale en ces temps de « crise économique ». Après une forte polémique en 2009, il est nommé professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) . Le décret créant cette chaire de « criminologie » et l’attribuant à notre « expert » est signé par le président lui-même.

Surnommé «le gros Bobo», l’homme trouve toujours sa voie dans le mystère des antichambres et des adultères politiques (M.Valls aussi). Depuis la fac : il est toujours dans l »intrigue, bien connu pour entretenir, par tout les moyens, la peur qu’il suscite chez l’autre…d’où son affection particulière pour les régimes d’exceptions, outils de terreur et de propagande moderne adapté à des modes de gouvernances et de conditionnement par la peur. A la croisée des mondes, Bauer est un homme de réseaux. Là réside son influence, que Stéphane Fouks, dirigeant la communication chez Euro RSCG (société membre du nouveau CSFRS) et très vieil ami de Bauer explique par sa théorie de la « tectonique des plaques » : «Les mondes – économique, politique, médiatique, judiciaire – se sont écartés. Les passerelles sont devenues d »autant plus importantes qu’elles sont plus rares. Alain joue précisément ce rôle-là.»


Ayant déjà co-imaginé ce nouveau groupement « d’intérêt public » dans son rapport de mars 2008, pensé son organisation après validation de Sarkozy qui lui a confiée la présidence d’une mission de pilotage , notre « Sherlock-Kissinger » à la française va « objectivement » prendre la tête du conseil d’administration. Cette nouvelle structure, sorte de NSA façon Super-Dupont, supervisera à court terme tous les instituts de recherche en matière de sécurité civile et policière. Cette structure initiée aussi à l’origine par le très atlantiste député UMP Pierre Lelouche permettra au pouvoir présidentiel de contrôler tous les instruments d’analyse et de renseignement du pays.

Le Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques (CSFRS) est opérationnel depuis le 1er janvier 2010, il est constitué pour une durée de cinq ans renouvelable et sa gestion est assurée selon les règles du droit privé. Le groupement dépendra donc, pour les orientations, de la présidence de la République et fonctionnellement du Premier ministre, il est composé de :

• l’Etat représenté par le Premier ministre ainsi que les ministres de l’enseignement supérieur et de la recherche, de l’intérieur, de la défense, de la justice et des libertés, des affaires étrangères et européennes, du budget, de la santé, de l’écologie et de l’énergie.

• l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), l’Institut national des hautes études de sécurité (INHES), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Université de Paris II, l’Université technologique de Troyes, l’Ecole nationale d’administration (ENA), l’Ecole polytechnique, l’Ecole nationale des ponts et chaussées, l’Ecole des hautes études commerciales (HEC Paris).

• SANOFI-Aventis, EADS France SAS, Euro RSCG, EDF, Total SA, la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), la Caisse des dépôts et consignations, SAFRAN SA (fusion de Sagem et de la Snecma), la Régie autonome des transports parisiens (RATP).

Le CSFRS a pour objet le soutien, la coordination et l’animation des efforts développés en matière de recherche stratégique et de formation dans les domaines de la sécurité et de la défense de façon à permettre l’élaboration et l’actualisation d’instruments de référence de niveau international.
A cette fin, le groupement entend :

― développer des activités de recherche et de formation, en promouvant les interactions entre, d’une part, les différents champs disciplinaires ou domaines touchant à la sécurité, à la défense et à la justice et, d’autre part, les organismes publics ou privés qui en sont chargés ;
― financer des programmes de recherche ainsi que l’accueil de chercheurs ou de personnalités étrangères de haut niveau ;
― aider à la mise en place au niveau européen et international de partenariats avec les organismes ou institutions en charge de thématiques similaires ;
― favoriser la mutualisation des moyens et aide à la valorisation des résultats de la recherche ;
― promouvoir une culture de l’évaluation des études et des résultats obtenus ;
― valoriser la réflexion stratégique nationale à l’étranger et prend toute initiative pour améliorer la participation française aux projets de recherche stratégique initiés par la communauté internationale ou par l’Union européenne.

A. Bauer a obtenu le feu vert monarko-impérial pour regrouper les différents instituts chargés de la formation et de la recherche dans la défense et la sécurité, en deux nouveaux sous-ensembles :

– le premier, dit le pôle « sécurité intérieure », issu de la fusion de l’INHES et de l’IERSE (Institut d’Etudes et de Recherche pour la Sécurité des entreprises) qui sera chargé notamment du crime organisé et du terrorisme, de la justice pénale, de la sécurité civile, de la sécurité sanitaire, de la sécurité des entreprises et de l’intelligence économique.

– le second, dit le pôle « défense-affaires étrangères » issu de la fusion de l’IHEDN et du CHEAr (Centre des hautes études de l’armement) et chargé de la culture de défense, de l’armement et des actions internationales.

Scientifiques, chercheurs et militaires sont réticents.

Les universités et le CNRS n’avaient déjà pas appréciées d’être saisis du projet de création d’une « nouvelle criminologie » française émanant du pouvoir politique actuel, projet qui s’inscrit dans un programme plus vaste de mise sous tutelle de la recherche sur les questions de sécurité et de justice pénale. Ils exprimaient déjà de sérieuses mises en garde depuis janvier 2009, à travers une pétition dans laquelle ils dénonçaient le dernier rapport Bauer, sa volonté de regrouper et contrôler, sa conception biaisée de la connaissance scientifique, sa légitimité, ses compétences douteuses, sa confusion entre recherche et expertise pour l’administration. De plus, pour ces chercheurs et scientifiques du secteur de la défense et de la sécurité :

« Prétendre centraliser les financements de la recherche tout en s’assurant le monopole de la conservation et de l’interprétation des données du domaine pénal c’est inévitablement déboucher sur une pensée unique étroitement assujettie à des préoccupations politiques et opérationnelles. »

Les militaires n’apprécient pas plus « l’homme pivot » nommé par l’Elysée et font savoir qu’ils n’ont pas attendue la nomination d’un criminologue venu du ministère de l’intérieur pour s’intéresser aux questions de stratégie :  » La défense et la sécurité intérieure, même si elles ont des points communs, ont des spécificités qu’il faut savoir respecter « .

« Mieux comprendre, réagir plus vite, éviter la répétition des erreurs, faire sauter les tabous sera le rôle du CSFRS », des mots qui font frémir (il adore ça !) dans la bouche du grand maitre en « criminologie d’état », chargé de faire de la recherche stratégique et du « décèlement précoce » pour le compte de l’Élysée. À la fois juge et partie, plus commerçant d’influence que grand universitaire ou fin stratège, sa nouvelle nomination n’offre aucune garantie d’indépendance face au pouvoir politique et prouve que « la répétition des erreurs » n’a encore cette fois-ci, pas pu être évitée.


Compilé par UHD pour  lesinsoumis.org


2 Commentaires

  1. Plus sur celui qui « se prend pour Super-Dupont » :

    • 29 Janv 2010
    Légion d’honneur : la France (ndr: en envoyant Alain BAUER) décore un Chinois pro-peine de mort
    http://www.marianne2.fr/Legion-d-honneur-la-France-decore-un-Chinois-pro-peine-de-mort_a184377.html

    • 07 fev 2010
    Incroyable: Alain Bauer rangé des camions
    http://numerolambda.wordpress.com/2010/02/07/incroyable-alain-bauer-range-des-camions/

    •09 Fev2010
    Thierry Lévy face à Alain Bauer : « Moi j’interromps ! »
    http://ultrahumandignity.blogspot.com/2010/02/thierry-levy-face-alain-bauer-moi.html

    •04 Avril 2010:
    En fait, Alain BAUER ne s’est pas rangé des camions !!
    http://numerolambda.wordpress.com/2010/04/04/alain-bauer-victime-odieux-canular/

  2. valentini dit :

    Un soldat de plomb de l’Occident

    Xavier Raufer, recyclé d’extrême-droite, et Alain Bauer, deux rescapés, par procuration, du goulag, nous promettaient, en 2002, le pire! « La guerre ne fait que commencer ». Cette année-là, l’année du Front républicain, ils n’étaient pas les seuls pieds-nickelés à crier, aux armes! Nous voulons une autre façon de gouverner. Selon un credo policier tout neuf: un homme, une loi. En somme, à chaque Français, son code personnalisé. Les VRP multicartes (Défense de l’Occident, Ordre Nouveau, UIMM, UMP) de la Sécurité avancent, depuis longtemps, main dans la main électorale des VIP. Et aujourd’hui, plus que jamais, ils sont de mèche. Mais la France présidentielle, tirée de son rêve de corruption tranquille, a voulu, par souci de réalisme, en faire cadeau, à tout le monde, au son d’un énorme dzim boum boum médiatique, qui a, grosso modo, pour nom de code: peur immuable! Huit ans, plus tard, où en est-on? Ça empire, tout est pour le mieux. Ce résultat-là, contradictoire, en chantent nos deux compères. Experts en philosophie criminelle, ils l’assimilent sans peine. La vérité chiffrée n’est pas la vérité vécue, tout simplement. Et donc une diminution de la délinquance n’est pas incompatible avec une intensification du sentiment national d’insécurité. De ce point de vue, on peut même prévoir qu’avec le dernier délinquant, le monde connaîtra le pire! Une peur maximum. Si la dernière élite européenne est d’une complexité véritablement spectaculaire, sans état et sans police, elle est aussi inoffensive qu’une merde sur le trottoir.

    Cette assurance-vie, Raufer s’emploie à la renforcer. La main invisible du crime le pousse en avant, vite! Il la saisit au moyen de cinglants articles, aux titres aussi ésotériques que « de quoi Tarnac est-il le nom? Herméneutique d’une sombre histoire ». C’est donc clairement une arnaque providentielle. Il balance également des études, si l’on ose dire, explosives, dont les titres allégoriques font planer un continent de menaces: « et soudain s’est profilée la face noire de la mondialisation » et des cours d’économie, de la plus belle eau libidinale, comme « sous la neige, les autruches ». Il y a là globalement la révélation stupéfiante que voici: les sociétés sont, certes, de plus en plus violentes, mais attention! Ce n’est ni faute de bonne société, ni faute de de bonnes actions. C’est, en fait, une question de bon ou de mauvais gouvernement qui, à pompier, pompier et demi, font les bons et mauvais peuples, quoique le peuple en soi, rétif, ne soit pas un mauvais bougre. Complexité toujours. Et au vu du chaos mondial, dont la mondialisation, incarnée à forts sons de cornemuses médiatiques, sort indemne, grâce à ces anges exterminateurs d’un nouveau type, pas de tarot criminel, sans solide excuse, la question se pose fatalement: qu’est-ce qu’un bon gouvernement? Sans doute un gouvernement, allô, police, ici guignol, c’est l’heure de l’élection! Mais c’est peut-être un peu manichéen. L’image semble encore filoutée. Un précis des racines nébuleuses de la terreur s’impose.

    Le bon gouvernement, Raufer, en bon élève du cours David Vincent et probable spectateur de la Guerre des mondes, prise au sérieux par Huntington, mort en 2008, et c’est tant mieux pour lui, en a une idée plus que précise, extrême. En effet, se jetant, sans peur, dès 1983, année d’un remaniement et non d’un reniement, « sur la violence sociale », violence qu’aujourd’hui, en tant que personnage échappé d’un roman policier mal ficelé, il qualifie de science-fiction, s’y jetant du haut d’une anticipation doctorale, en géographie de la Peur, il nous jetait déjà à la face, des faces de bachibouzouks, la première analyse froide d’un phénomène social brûlant, et surtout, ce qui le distingue radicalement de tous les détectives, en chambre jaune, et amateurs d’usines-à-gaz policières, il nous livrait, à brûle-pourpoint, les premières perspectives réalistes de solutions. C’est à partir de ce livre remarquable, lit-on, non sans une certaine délectation, car, nous autres, prolétaires, savons identifier le mal et pas seulement, le matin, en nous rasant, que le problème change de visage. Peut-être un cousin germain du regretté ministre-de-la-duperie-nationale. Comme quoi, la folie compulsive comporte un grain de vérité. Et depuis ça, en France, qu’est formidable, nul n’est censé désormais ignorer le visage télévisuel de la délinquance: bronzé, bon teint, adieu veaux, vaches, ouvriers, paysans, las, l’empire du Bien a été délocalisé! Voilà enfin le visage radieux du bon gouvernement tel que la télé l’a attrapé par les cornes.

    Prolétaires, n’est-il pas temps d’enseigner à nos enfants, quelles sortes de figures parentales resserrées, ils auront à abattre, s’ils veulent vivre autrement que comme des robots d’entreprises, sous prétexte d’engeance humaine à éradiquer? Car Xavier Raufer, ce génie du crime, dont vivent aussi les honnêtes gens, mais lui, en tant que criminologue, gonflé à l’herméneutique, n’hésite pas. Ces gens-là qui battent le beurre dans les ténèbres ont forcément tous les culots. Il en appelle à Marx, comme font les gamins quand ils déclarent la guerre, craie en main, ou plus exactement, il l’embrigade manu militari, dans la reconquista sécuritaire que mène l’actuelle armada présidentielle, l’antifisc, à gros bas virtuel, de laine, et galons d’honneur, de blanc, cousus. Ce nuage de mouches informationnelles compte, dans ses rangs, des émigrés belges et émirs suisses, des jusqu’au-boutistes de la langue, des économistes du dimanche, des promoteurs de la libération du marché de la drogue, une façon libérale de guérir le mal par le mal, des historiens, à la César, qui voit l’idée révolutionnaire, comme un gros dé rouillé, de ferraille, des journalistes à plumes et goudrons antitotalitaires, des managers qui ont, dans leur panier, queues-de-loup, bonus et stock hop-chions, des hommes-kangourous qui reniflent du con qui p’lote et de la cagoule partout, à l’exception de leur intime conviction, des climatologues allègres, allergiques à la poussière scientifique, des autocuiseurs philosophes, à cordon bleu spatial, des écrivains-peau-de-chagrin et des idoles qui se déboulonnent elles-mêmes, sans oublier la foule innombrable des ignorantins répandus dans toutes les classes de la société. Bref, le parti l’umpéniste, au sens large. Un lumpen-prolétariat républicain, qui a pour point commun: la négation des classes sociales. Une illusion, une vieille idée noire, de la propagande, pure invention! Sans état, sans police, ils se tueraient les uns, les autres, ils le jurent! Alors qu’avec eux, au contraire, non! ça s’ra un carton, un malheur, c’est promis!

    Pur problème ici, on le voit, au premier coup d’oeil, d’identité. L’ennemi a l’air d’un Français. Il parle comme un Français. Il a le goût français. Et même l’esprit français. Mais voilà, ce n’est pas un Français, c’est une bombe! Cette bombe s’appelle Christian-de-Bongain-qui-se-veut-Xavier-Raufer-mais-n’est-pas-Xavier-Raufer. Elle met le feu à la télé, à la radio, dans les journaux et dans quantité d’autres endroits, à l’abri des regards. Allez! Prolétaires! Tous ensemble, assumons notre violence, mas alto que Carrero Blanco! S’il n’est pas tout à fait l’heure de régler nos comptes, notre tour viendra! Car nous aussi nous aimons la police. La nôtre qui mettra fin à l’appropriation capitaliste de la vie. Et donc, la chose à face humaine nommée Raufer a des motifs d’avoir peur: la dictature du prolétariat n’est pas faite pour les chiens.

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