Philosopher c’est Apprendre à Mourir… (.com)

Si, en lisant Descartes, vous ne savez plus s’il faut choisir entre se changer soi-même et changer le monde, si cette lecture vous amène à Epicure qui lui a choisi (il faut se changer soi-même), si de cette solution, vous vous penchez sur Socrate et son « Connais-toi toi même, et tu connaîtras l’Univers et les dieux », vous en viendrez logiquement à Nietzsche reprenant Pindare avec son « Deviens ce que tu es ». Là, vous aurez la tête grosse comme une coucourde, ferez une pause des plus nécessaires, tant physiquement, que psychiquement, et vous vous baladerez sur le web car ça fait déjà un bail que vous avez bazardé votre télé. Et là, ô surprise divine! ô éclatante lueur d’espoir! vous tombez sur la toute nouvelle campagne de recrutement de l’armée de terre « Devenez vous-même.com », tout droit sortie de la majestueuse agence TBWA, et d’un coût d’une bagatelle de 8,7 millions d’euros (ce que pourrait gagner un smicard en 686 années de labeur). Dès la 1ère ligne, on vous promet l’explication de la signification de l’aporique sentence « devenez vous-mêmes », vous vous attendez à une approche dialectique des plus minutieuses, voire enfin salvatrice car vous ne pouvez plus dormir, cette quête de vous-même, telle celle du Graal vous rend des plus irritables, mais… voilà qu’en l’espace d’un millième de seconde, tous vos rêves s’effondrent comme un château de cartes sous une brise glaciale : devenir soi-même, c’est « faire un choix qui vous garantisse épanouissements professionnel et personnel », et plus précisément « exercer le métier de soldat ». Là, vous ne comprenez plus rien. Vous haïssez Nietzsche, Pindare et Epicure. Vous vous haïssez vous-même.com d’avoir osé imaginé qu’un gouvernement ignare et malsain ait pu vous apporter la solution à votre problème. Alors, vous reprenez tranquillement vos esprits, et vous vous tournez vers Pythagore. Là, calmement, vous méditez sur son « Le monde est une comédie dont les philosophes sont les spectateurs »… tout en vous demandant si le général Pontiès, en charge du recrutement, a déjà lu Cicéron…

(Paru dans la Gazette des Insoumis n°4)

A Propos de l'Auteur

KeïKo
Comédienne, co-fondatrice d’Amsha - Visiter son Site / Voir tous ses Articles


3 Commentaires

  1. un Goéland dit :

    Le piège sémantique c’est que nous sommes ce soldat dans une certaine mesure, beaucoup se laisserons piéger par désespoir peut-être. Gageons qu’il n’en sera rien et que cette annonce fera rire et réfléchir plutôt que d’entrainer des âmes perdu dans un enfer humanitaire.

    Notre corps est belle et bien cet automate du cosmos, ce soldat de dieu (voir « l’homme qui plantait des arbres » sur daily) et comme toujours la matrice tente de s’approprier et de retourner les symbole qui sommeil en nous.
    Dans l’absolue toute sémantique peu prendre n’importe quel forme(moral, rationnel, sentimentale..etc..), nous sommes ces modeleurs de formes , ces maçons, ces architectes, ces ingénieurs…. tout ce recoupe pour celui qui saisi le sens des choses et non plus leurs formes…Tout jugement s’estompe et seul l’observation consciente agit.
    Des formes aux mots, des mots au sens, du sens aux formes. Les alchimistes appellent cela la « langue des oiseaux », la compréhension subtil du monde, tout est dans tout. En physique on nomme cela l’univers Holographique ou la fractalité.

    Ainsi je vous aiguillerais sur les dernières découverte en terme d’ADN pour que tout à chacun puisse comprendre ce que nous sommes réellement : un être vibratoire multidimenssionnel.
    Google : « ADN l’internet divin ».

    Peut -être pouvons nous penser que ce général Pontiès, va prendre conscience de la machination à laquelle il participe et prendre des décisions créatives en faveurs des être vivants.

    Cela aura plus de chance que cela arrive que si nous pensons que tout les militaires sont des boeufs. Cela, c’est exactement ce que le système veux , séparer les être vivant pour mieux les manipuler, et leurs soutirer l’énergie vitale.
    Se reconnecter mentalement à tout les être vivants sans exceptions c’est déjà l’effort fondamentale afin de pouvoir comprendre les mécanisme qui nous animes tous. C’est juste considérer chaque cellule vivante sur la terre comme une bénédiction, après on discute. Sans cette base les discours reste à des niveaux intellectuels, territoriaux, moraux.. et oublie l’essence de cet territorialité , de cette morale ou de cette intellect : la vie.
    Nous reconnecter aux champs vitaux par la pensée, la sérénité cela ne s’apprend pas, ça se vie là maintenant tout de suite en observant un arbre !

    Amicalement,

  2. KeiKo dit :

    Bonsoir Goéland et merci pour cette participation, très juste et teintée d’un univers qui m’est bien familier 🙂
    Ce que tu dis me fait penser à un montage que j’avais réalisé il y a quelques temps déjà…

    Kiss and Peace

  3. Nous ne sommes nie des soldats de dieu (il n’existe pas, autrement qu’en terme sémantique et en culture) ni des militaires. Ne devenons pas ce que les autres veulents que nous devenons.

    Il y a les originaux qui ne sont pas trop original, et leur copie qui leur ressemble mal. Cette incapacité terminale a copier ceux qu’on leur a balancé comme modèle entretient la frustration et prolonge la quête désespéré pour un autre modèle. En même temps cette crise peut-être la planche a bascule qui au lieu de nous ammener à être autre chose que soi, on finisse pas s’y résoudre : Le seul espoir qui te soi accessible c’est de devenir ce que tu es. Non pas un autre, ni le rejet ou le refus d’un autre (que tu haïrai par exemple), mais toi.

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